le regard d'Olivier Yves Vincello

De ses diverses fonctions, Assistante de Production de films, Assistante Juridique, ou plus récemment Animatrice Socio-Culturelle, Clairette Gras a su révéler un profond sens de l’humanisme et du perfectionnisme.

C’est depuis 2006 surtout, qu’elle s’est consacrée plus encore au service de la culture, multi-plurielle, avec à la fois, l’animation de nombreux ateliers d’écriture, mettant en avant le ludique et la créativité, mais également, la création de l’association « A Nos Plumes» à Saint Rémy de Provence, tout d’abord, puis la création des « Sentiers de l’Ecriture et du Collage» à Saint Quay Portrieux, quelques années plus tard.

Voyageuse nomade, libre, indépendante, c’est une touche à tout, mais toujours avec pour credo le goût de l’authenticité et de la passion.
Il y a quelques années, l’animatrice devenue artiste s’est essayée, avec succès, au collage, ce moyen d’expression lui venant alors spontanément, comme un cri que l’on revendique, ou comme une méthode qui épouse viscéralement les mots et les maux que la peau a envie d’exulter.

 Elle fait cela, coller, comme elle respire, comme elle écrit aussi, avec à la clé, trois recueils de nouvelles disponibles aujourd’hui. On est dans l’urgence ; c’est percutant, c’est incisif, et il n’est pas de trop que de dire que ça l’est de plus en plus.

Collagiste, Clairette ?

Aujourd’hui, c’est plutôt l’art d’une plasticienne que l’on a envie de découvrir, car ses techniques mixtes et la sincère évolution de son travail laissent à penser que l’on a désormais quitté le seul domaine du collage.

Sans cesse plus imaginative, elle délivre des messages, avec en filigrane, toujours et même davantage encore, l’actualité, la haine des guerres et des non-sens de l’existence. Parfois crue, fière, rebelle ou dubitative, elle assène de manière directive oui parfois aussi, ce qu’elle a envie de crier au monde entier, mais au fond, sa sensibilité nous rappelle qu’il est peut-être justement tout aussi urgent de créer un nouveau monde, de rêver, de partir « ailleurs » … peut-être au fond, ne s’agirait-il pas au juste de renouer avec notre profonde humanité ?

Peut-être s’agirait-il au fond de savoir extraire les minutes les plus précieuses d’une vie qui court toujours plus vite, qui effraie toujours davantage, mais au final c’est probablement bien cette troublante proposition qui est faite : l’artiste plasticienne, nouvelliste, n’a-t-elle pas d’autre mission que celle de conduire à une nouvelle quête vers l’idéal ?